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Méditation Pour Le Veille Du Sabbat | Meditation for the Eve of the Sabbath (Friday), by Rabbi Arnaud Aron and Jonas Ennery (1848)

Source (Hebrew) Translation (English)

SUR LA PROVIDENCE.
On Providence.

«Les cieux racontent la gloire
du Seigneur et le firmament annonce l’œuvre de ses mains»
(Ps. 19, 2).
“The heavens relate the glory of God,
and the expanse telleth of the work of His hands.”
(Psalms 19:2.)

Seigneur, en instituant la solennité sabbatique, commémoration perpétuelle de la création du monde, tu nous a enseigné que c’est à tes œuvres que tu veux être reconnu, que c’est pour tes bienfaits que ta veux être adoré. Tu as tracé dès lors les attributs distinctifs de la foi d’Israël. Tel est, eu effet, le signe lumineux de notre religion, le caractère simple mais saillant de notre croyance. Elle ne repose point sur de subtiles interprétations, elle n’a point pour fondement de mystérieuses légendes, qui bouleversent et confondent la raison. La raison! Elle est un rayon de la lumière divine, le caractère originel qui distingue l’âme humaine de la brute. Bien loin de la proscrire, la foi commande à l’israélite de te remercier, ô Seigneur, de ce don, comme du flambeau que tu as donné à l’homme, pour éclairer, pour admirer tes œuvres et pour te reconnaître aux signes visibles de ta Providence. C’est pourquoi, dans cette soirée sainte, nous célébrons tes œuvres prodigieuses par les chants divins qu’elles ont inspirés au psalmiste.
The institution of the Sabbath, which is commemorated perpetually by the work of creation, teaches us to recognise the Eternal through His works, and to adore Him for His mercies. From it we can trace the distinctive attributes of Israel’s faith, of which it is indeed the outward sign, the simple and striking characteristic of our belief. It rests not on subtle interpretations or mysterious legends, which disturb and confound our reason, that ray of divine light which distinguishes the human mind from the brute instinct. The lamp of reason is given to man for his enlightenment, that he may recognise in God’s works the visible signs of His providence. Therefore do we, on this sacred evening, celebrate God’s wondrous works in psalms and hymns.

Ainsi, ô souverain Créateur, non-seulement tu t’es révélé en plein jour sur le Sinaï, en face de tout un peuple, par la proclamation des vérités éternelles, par la fondation du monde moral, mais tu te manifestes chaque jour par les marques de ta puissance.
Sovereign Creator! Thou didst not only reveal Thyself on Sinai before a whole people, by the proclamation of eternal truths, but Thou dost daily manifest Thyself in the ever-recurring wonders around us.

Israélite, que j’ouvre la Bible ou que je promène mes yeux sur la nature, comment la Providence pourra-t-elle échapper aux lumières de ma raison? Il faudrait, comme disait le Seigneur à Job, faire taire auparavant toutes les harmonies, tous les concerts du firmament (Job 38).
Whether I read Thy Holy Book, or cast my eyes on the beautiful face of nature, Thy power is made manifest to my understanding. I discover the evidence of Thy greatness wherever I turn my looks; all outward nature proves Thy divinity; earth, sea, and sky proclaim that Thou hast created, and that Thy wisdom guides and Thy bounty maintains them all.

Dans une nuit sereine, je contemple le spectacle de la voûte céleste, le nombre immense d’étoiles qui étincellent comme des fleurs de diamants semées dans le ciel; qui marchent rangées en bataille sous l’étendard du Seigneur, et décrivent avec tant de précision, depuis le commencement du monde, leur orbe séculaire: c’est le mélodieux concert que la nature chante devant le Seigneur! Est-ce le hasard qui a tracé aux corps célestes les immenses orbites qu’ils parcourent avec tant de régularité?
When I contemplate, on a calm night, the immense celestial vault, with its countless stars sparkling like jewels in Thy crown, scattered over the heavens — performing with such precision their varied courses, — when I survey this glorious harmony, this never-failing order, can I fail to recognise Thy designing hand, supremely wise and omnipotent Creator?

O vous, qui déniez à la Providence vos hommages et vos adorations, ne vous endurcissez pas dans le doute, ou bien faites taire auparavant ce sublime concert qui règne au ciel et sur la terre! Éteignez les célestes flambeaux que la Providence a allumés sur nos têtes; dites à l’aurore de ne plus annoncer le jour, aux saisons de suspendre leurs cours, à la mer de rompre les digues que le Seigneur lui a imposées, quand il a dit à l’Océan: «tu n’iras pas plus loin!» (Job 38, 11.)
O ye! who refuse to render homage and worship to your Maker, can you gainsay the testimony of the sublime harmony pervading heaven and earth? can you extinguish the celestial lights, bid the dawn to return no more, the seasons to suspend their course, and the sea to burst the bonds imposed by the Eternal when He said to the ocean, “Hitherto mayest thou come, but no farther; and here shall thy proud waves be stayed?'” (Job 38:11.)

Ou plutôt, obéissez à votre raison qui vous montre le bras de la Providence! Unissez votre voix à celles de toutes les créatures dans l’ineffable mélodie qu’elles forment pour la gloire de leur auteur!
Be not, then, obdurate in your unbelief, but rather follow the guidance of your enlightened reason, which discovers in all the designing hand of Providence. Unite your voice with that of all creation in the melody of universal nature which ascribes glory to the Almighty Creator.

Mais, si dans la direction du monde matériel la main de la Providence est imprimée avec tant d’évidence, pourrait-elle abandonner au hasard le gouvernement bien supérieur des esprits? Le Seigneur aurait-il donné toute son attention à la nature morte, aux corps formés de poussière, aux choses passagères, pour abandonner au hasard la direction des âmes immortelles? Voici ce que nous répond le prophète: «Je sais, ô Seigneur, que la voie de l’homme n’est pas en son pouvoir, et qu’il n’est pas dans la puissance de l’homme de conduire ses œuvres et ses pas» (Jérémie 10, 23).
And if the hand of Providence is so evident in the government of the material world, could He have left to chance the guidance of our souls? Could the Lord have bestowed all His attention on inanimate nature, to bodies formed of dust, to perishable things, and not have cared for the immortal spirit? The prophet, on the contrary, teaches us, “I know, O Lord! that the way of man is not in his own power; it is not in man that passeth away to direct his steps.” (Jer. 10. 23.)

Dieu conduit tout. Mais l’esprit borné de l’homme ne saisit pas toujours les voies providentielles. En voyant, parfois, le pécheur jouir en paix des plus doux fruits de la terre, et le juste tremper son pain dans ses larmes, l’homme irréfléchi ne comprend pas que c’est encore la justice et l’amour que ta Providence met en œuvre, «Le fou ne sait pas, dit le roi-prophète, l’insensé ne comprend pas que si le méchant semble croître comme l’herbe, que si les auteurs du mal fleurissent, c’est pour tomber dans l’éternel abîme, tandis que le juste trouvera près de son Dieu une magnifique récompense» (Ps. 92, 7, 8, 13).
We are thus told that God guides all. But the limited mind of man knows not always how to comprehend the ways of Providence. Seeing the sinner sometimes enjoying the blessings of the earth, while the righteous man is eating the bread of affliction, the unreflecting mind cannot understand that even then the justice and love of God are manifest. But says the Psalm (92:8-15), “When the wicked spring as like herbs, and when all the workers of wickedness do flourish, it is that they may be destroyed evermore. But Thou art exalted to eternity, Lord! . . . The righteous shall spring up like the palm-tree; like a cedar in Lebanon shall he grow high. Planted in the house of the Lord, in the courts of our God shall they spring up, … to show that the Lord is upright.”

Riches et pauvres ont leur compte inscrit au ciel. Dieu, devant qui est ouvert l’histoire du passé, devant qui est déroulé le livre de l’incommensurable avenir, et pour qui les siècles sont à peine des heures, connaît seul la source et l’enchaînement des milliers d’événements qui constituent les destinées humaines. Et vous, esprits faibles et présomptueux, vous qui possédez à peine l’instant actuel de la vie, comment pouvez-vous juger les voies dé la Providence? Comment un prisonnier qui ne verrait qu’un coin du ciel pourrait-il juger des beautés et de l’ensemble de l’univers?
God, before whom the pages of the past and of the unknown future are alike open, and for whom time has no measure, alone knows the source and connection of the thousands of events constituting the sum of human destiny. And yet weak, presumptuous men, possessing scarcely a moment of actual life, would dare to sit in judgment on the ways of Providence!

Dieu conduit tout. Pourquoi donc agissez-vous comme si vous en doutiez? Pourquoi vous fiez-vous uniquement à votre propre force, à votre propre sagesse; et, quand le mal vous atteint ou que vos rêves satisfaits ne’vous laissent que déceptions, pourquoi murmurez-vous?
God guides all. Why, then, should we act as though we doubted? Why should we rely alone on our own strength and wisdom, and therefore, when evil assails us, or we are dissatisfied with the small results of our dreams of happiness, murmur or complain?

Dieu conduit tout. L’orgueil du riche se courbe soudain sous le faix de la pauvreté; l’orgueil des parents s’abîme souvent dans la tombe des enfants; la faveur élève subitement l’homme modeste; un bonheur inespéré vient raviver celui qui pliait naguère sous le poids du malheur.
God guides all. How often is the pride of the man who once gloried in his riches bowed beneath the burden of poverty; how often is the pride of parents buried in their children’s graves, while the humble are often exalted, and unlooked-for joys revive the drooping heart.

Dieu conduit tout. Ils le savaient bien, ces justes des temps anciens, nos pieux ancêtres, lorsqu’ils s’abandonnaient avec tant de confiance à la sagesse de la Providence. Dans toutes leurs entreprises, c’est sur ses bénédictions et non sur leurs propres forces qu’ils comptaient. Ontils été trompés dans leur confiance? Né voyons-nous pas le bras de Dieu qui dirige leur destinée et celle de leurs enfants? L’histoire des patriarches, de Joseph, de David, n’indique-t-elle pas à chaque page l’œil de la Providence? Et pour n’envisager que nous-mêmes, se passe-t-il un seul jour sans que nous ayons l’occasion de voir le doigt de Dieu empreint sur les destinées des familles?
God guides all. Our pious ancestors knew and felt this when they so confidently resigned themselves to the wisdom of Providence. In all their enterprises they relied on His blessing, and not on their own strength. Do we not see that the hand of God guided them aright amid all their troubles? The history of the patriarchs, of Joseph, of David, convince us of this in every page. And, even with ourselves, not a day passes without our seeing that God’s finger marks out the lot of all families around us.

Dieu conduit tout. Mûrissez vos projets, agissez avec prudence, invoquez votre sagesse, c’est votre devoir; mais Dieu seul pourra faire réussir vos désirs, car lui seul sait ce qui est pour votre bien, «Confie tes voies au Seigneur, fie-toi en lui et tu réussiras» (Ps. 37, 5). Semez donc courageusement la semence, mais n’attendez sa maturité que de celui qui peut seul la féconder! Agissez, travaillez , imposez-vous des soins pénibles, c’est la loi de Dieu, mais lui seul peut y joindre la bénédiction.
God guides all. It is indeed our duty to act prudently, to deliberate well on our projects, and to exercise all our wisdom and intelligence; but God alone can give success; for He alone knows what is best for us, and so we are taught, “Commit thy way unto the Lord ; trust in Him ; and He will bring it to pass.” (Psalms 37:5.) Let us sow our seed in hope, yet await its ripening from Him who alone can send rain and sunshine. Let us act, and work, and exert every endeavour to accomplish what is good, as it is our duty to do. But God alone can bless, and

Dieu conduit tout avec justice. «Le droit et la justice sont les bases de son trône» (Ps. 89, 15).
He directs all with justice, since righteousness and “justice are the prop of His throne.”(Psalms 89:15.)

Ames pieuses et croyantes, réjouissez-vous à ces paroles consolatrices, et toi, pécheur triomphant, songe à l’instant de leur accomplissemept; le monde peut ne pas voir de si tôt tes œuvres de méchanceté, de vengeance, de volupté , mais le jour de la divulgation arrivera et celui de la punition ne se fera pas attendre!
Let the pious rejoice in these words of consolation, and the wicked reflect on their grave significance. Sin, sensuality, or revenge may be hidden from the world; but a day will come when all will be revealed, and retribution speedily follow to overwhelm the sinner.

Humble israélite, justes de toutes les croyances, qui portez avec tant de résignation le poids des iniquités d’autrui, ce n’est pas en vain que votre père plein d’amour vous impose ce fardeau, il vous aidera à le porter; il vous éprouve dans la douleur; mais l’heure de la délivrance et de la récompense ne tardera pas à sonner, «Les âmes humbles se réjouiront dans le Seigneur et les pauvres parmi les hommes seront ravis dans le Saint d’Israël» (Isaïe 29, 19).
O ye righteous! who bear with resignation the weight of others sin, your all-loving Father imposes not in vain this burden on you. He will help you to bear it; He is trying you now with tribulation; but the hour of deliverance and salvation is at hand.” And the sufferers shall have abundant joy in the Lord, and the needy among men shall be glad in the Holy One of Israel.” (Isaiah 29. 19.)

PRIÈRE.
Prayer

O Providence divine, je m’abandonne à toi sans réserve, je me jette avec confiance dans les bras de ta miséricorde; tu es mon Créateur, mon Dieu et mon Père; tu connais le néant d’où tu m’as tiré, le limon dont tu m’as formé, la fin à laquelle tu me destines, le chemin qui doit m’y conduire. Dispose donc de moi et agis selon ta volonté divine.
In Thy divine providence, Lord I do I implicitly trust, and resign myself to Thy mercy. Thou art my Creator, God, and Father. Thou knowest my nothingness, and the end to which Thou hast destined me, as also the way which leads thereto. Dispose of me according to Thy will.

Quant à moi, ô Seigneur, je n’ai qu’une seule chose à faire à l’égard, de ta Providence: la reconnaître, l’adorer, m’y soumettre, la sanctifier par ma soumission et tout espérer de sa bonté. Puis-je mettre mon sort en meilleures mains qu’en celles du plus tendre des pères?
I will not repine; for in all things I shall have cause to discover Thy goodness and to adore Thee; wherefore I submit and resign myself to Thy decrees, and hope in Thy goodness, for Thou art the Father of mercy, and art good to all. Amen.

PSAUME 121. — CANTIQUE POUR LA VEILLE DU SABBAT.
 
Confiance dans Je secours de la Providence.
Psalms 121
 
Trust in the help of Providence.

Je lève les yeux vers les montagnes:
D’où me viendra le secours?
Mon secours viendra de l’Éternel
Qui a fait le ciel et la terre.
Il ne laissera point ton pied faiblir:
Ton gardien ne sommeillera pas!
Oh! non, il ne sommeille ni ne dort,
Le gardien d’Israël.
L’Éternel te garde,
La droite de l’Éternel te protège.
Le jour, le soleil ne te brûlera point,
La fraîcheur de la lune ne l’atteindra pas la nuit.
L’Éternel te préservera de tout mal,
Il protégera ton âme.
L’Éternel protégera ton départ et ton arrivée ,
Dès maintenant et à jamais.

On dit aussi les psaumes 92 et 93.

To the best of my ability, this is a faithful transcription of a teḥinah (supplicatory prayer) composed in parallel to the Prayer for Friday, following in the paraliturgical tradition of Yiddish tkhines, albeit written in French. (This particular paraliturgical prayer may be original or it may be based on an earlier work in German or Yiddish. Please contact us or comment below if you can identify it.) The prayer was included by Rabbi Arnaud Aron and Jonas Ennery in their opus, אמרי לב Prières d’un Coeur Israelite published in 1848 by the Société Consistoriale de Bons Livres. In 1855, an abridged English translation of Prières d’un Coeur Israelite was authorized by Nathan Marcus Adler, chief rabbi of the British Empire and published as Prayers and Meditations, translated by Hester Rothschild. In 1863, Isaac Leeser published his own translation. This is the first time that Leeser’s translation and its source have been set next to each other. Commenting on Rothschild’s translation, Leeser wrote:

As the work is not a literal translation from the French, and is in many instances greatly abridged, for reasons by which the translator is perfectly justified, the editor of the American edition has farther revised it, and at times re-written entire passages, that the book may be more in accordance with the principles of prayer as laid down above; though he is free to acknowledge that it has not lost altogether the character of a translation, to avoid which it would have been necessary to recast the whole, and has, besides, some other defects inherent in all human productions. But, as he was bound not to deviate too far from the original, and thus give the public a different book from what its title professes, he had to limit himself to correcting, and has added nothing to what was not before him.

In preparing אמרי לב Prières d’un Coeur Israelite, Rabbi Aron and Jonas Ennery were inspired by the writings of directly inspired by tkhines (Yiddish vernacular prayers) as well as by contemporary liturgists in Germany. Rabbi Aron writes:

The concept of such a book does not necessitate a new genre among us; the printed supplications (תחנות) appended at the end of old editions of our siddurim sufficiently prove the opposite. However, all these prayers – faithful expressions of pious sentiments of our ancestors – are written in Yiddish[1]Arnaud Aron here uses the term, allemand corrompu, “corrupt German.” for which no translation exists in our language. They are also composed in a spirit and a form incompatible in style with the needs of our age [….] A great number of prayers in our collection are original, others are copies from our sacred texts or translated rituals from the Maḥzor, without, however, tying us slavishly to the literal text whenever the genius of our language required a different form. Finally, more than once, we drew from excellent religious books published in Germany, notably by (Meïr) Letteris, Jacobsohn, Rosenfield, etc.; their works have given us the subject and occasionally the text from other works. May these wise co-religionists please receive in public recognition our gratitude. [translation from the French by Aharon Varady]

Many thanks to French Wikisource contributors for helping to proofread my transcription.

Source(s)

 


 

Notes   [ + ]

  1. Arnaud Aron here uses the term, allemand corrompu, “corrupt German.”

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