Méditation Pour le Mardi by R’ Arnaud Aron and Jonas Ennery (1848), translated to English by Isaac Leeser (1863)

Source (French) Translation (English)

MÉDITATION POUR LE MARDI. SUR L’AMOUR DU PROCHAIN.

Meditation for Tuesday (Third Day)—On the Love of thy Neighbour

«Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Levit. 19,18).

“Thou shalt love thy neighbour as thyself.” (Lev. 19:18)

Le Dieu d’Israël nous enseigne par ces trois mots divins toute la charité humaine; ces trois mots en renferment autant dans leur sublime concision que tous les livres et toutes les paraboles qui ont été écrites depuis. L’amour du prochain est donc une vertu essentiellement israélite; c’est notre sainte loi qui, la première, a proclamé au nom de Dieu le dogme de la fraternité. C’est Israël qui a été chargé de la propager et de l’enseigner parmi les nations. Aussi, jamais le peuple de Dieu ne l’a prôfanée en maintenant dans son sein l’esclavage; car à chaque page des Écritures-Saintes Dieu établit, non-seulement les plus douces règles de charite entré israélites, mais l’extension de cette charité, de cet amour fraternel aux étrangers de toutes les nations: «Que l’étranger soit parmi vous comme s’il était de votre pays, aimez-le comme vous-mêmes» (Lévit. 19, 34). Ces saints préceptes, ces nobles exemples se sont perpétués chez nous par une tradition touchante, et Israël qui a si souvent faibli dans l’accomplissement des commandements de Dieu, et qui de nos jours malheureusement les néglige si grandement, semble être moins coupable par la charité, et console souvent encore la religion par des œuvres de miséricorde, empreintes de l’esprit de la loi divine.

The God of Israel teaches us in these words every human charity, and they contain the essence of the whole moral law. The love of our neighbour is essentially a Jewish virtue; it was our holy law which, in the name of God, first proclaimed the dogma of universal brotherhood. Israel was charged to propagate and teach it among the nations, and Gods people has never been guilty of utterly disregarding it; for in every page of Holy Writ, God has established the strictest rules of charity not only towards Israelites, but has commanded us also to extend this charity, this fraternal love, to strangers of all nations: “The stranger that dwelleth with you shall be unto you as one born among you, and thou shalt love him as thyself.” (Lev. 19:34) These holy precepts have been perpetuated among us by tradition; and Israel, while so often forgetting many of God’s commands, which are in our days especially so much neglected, observes at least the divine precept of charity, and through works of mercy seems still to retain the impress of the spirit of the law.

Et cependant, quand nous songeons combien est grand aux yeux de Dieu ce devoir envers le prochain, et combien d’autres vertus il suppose et exige, nous verrons avec douleur ce qui nous reste de défauts et de péchés à éviter et de qualités à acquérir.

And yet, when we consider how imperative the duties towards our neighbour are on us, and how many other virtues they demand for their exact fulfilment: we shall see with sorrow that many errors have yet to be avoided, and many virtues to be acquired.

On aime le prochain, mais souvent par des motifs tout humains, tout égoistes et sans avoir en vue le précepte de Dieu; on ne considère que son propre intérêt, sa vanité ou d’autres vues terrestres; ou bien les affections se concentrent sur quelques proches, tout au plus sur quelques amis, ou bien sur ceux qui ont avec nous une certaine conformité d’éducation, de position ou même de préjugés.

We love our neighbour frequently from human, selfish motives; regardless of God’s precept, we consider but our own interest or vanity; or perhaps our affection is centred on those nearest to us, on a few friends at farthest, or on those who, by their education and training, have similar prejudices, positions, or sympathies with ourselves.

Notre charité doit s’étendre à tous, sans acception de personne ni de croyance, parce que tous sont compris sous le nom et la qualité de prochain. Dans les vues du Seigneur, nous devons considérer ce monde comme la maison de Dieu, tous les hommes comme ses enfants, comme nos frères, quels que soient leur rang, leur éducation, leur fortune, et nous attacher principalement comme le Dieu d’Israël aux plus humbles, aux plus nécessiteux. «Ma demeure est dans les hauteurs des cieux, dit le Seigneur, j’habite dans la sainteté, mais je suis avec les affligés, avec les humbles d’esprit; je ranime le courage de ceux qui sont abaissés, je vivifie les cœurs contrits» (Isaïe 57, 15).

Still our love must be extended to all, without regard to person or faith; for all are comprised in the term neighbour. We should consider this world as the house of God, in which all men are His children and our brothers, whatever their rank, education, or fortune may be, and we ought to feel most for the necessitous and humble; and we should herein imitate God, who says, “I dwell in the high and holy place, yet also with the contrite and humble spirit, to revive the spirit of the humble.” (Isaiah 57:15)

Hélas! combien cette douce et aimable vertu si précieuse devant Dieu, si recommandée à chaque page de nos divines Écritures, est peu pratiquée parmi les hommes! L’amour du prochain devrait être le lien du monde, le ciment de la concorde, et tous les jours nous nous laissons aller aux dissensions, à la discorde, aux emportements, aux rancunes, à l’intolérance: frères contre frères, parents contre parents, familles contre familles, israélites contre israélites. Nous devrions vivre ensemble comme autant d’enfants d’un même père, pour nous aider, nous soutenir, nous aimer, mais nous ne vivons que pour nous inquiéter, nous tourmenter, nous repousser les uns les autres et compromettre finalement notre salut. Pour des raisons futiles ou chimériques, on entretient dans sou cœur, on cultive’avec complaisance l’envie contre celui qui s’élève, l’orgueil contre celui qui est faible, l’intolérance contre celui dont l’opinion diffère de la nôtre. On foule aux pieds ce précepte du Seigneur: «Vous ne haïrez point vore frère dans votre cœur, mais vous le reprendrez franchement» (Lévit. 19, 17).

Alas! how little is this virtue practised among men. The love of our fellow-creatures ought to be the link connecting all mankind, and become the pledge of peace; and yet do we daily give way to violence, hatred, and intolerance; — brother rises against brother, relative against relative, family against family, Israelite against Israelite. We ought to live together as children of the same father, to help, support, and love each other; but, alas! too often do we cherish in our hearts envy, pride, and intolerance, forgetful of God’s precept, “Thou shalt not hate thy brother in Thy heart; thou shalt not avenge nor bear any grudge against the children of thy people.” (Lev. 19:17-18)

Nous aimons notre prochain, nous le disons du moins, nous le croyons peut-être; mais où sont nos œuvres qui le prouvent? l’amour du prochain n’est pas un amour vague, spirituel. Montrons-en les actes, les résultats, les suites. Que servent les intentions sans les faits, les démonstrations d’amitié sans l’amour, les offres de service sans le dévouement? Que servent l’attendrissement, la pitié, quand le pauvre souffre, quand le malade gémit, quand l’affligé se consume, quand le faible est abandonné, le malheureux oublié, l’enfance délaissée? On le sait, on l’apprend, on le voit quelquefois et on laisse exister toutes ces misères, et l’on dit qu’on aime son prochain et qu’on a de la charité!

We say that we love our fellow-man, and perhaps we believe that we do; but where are the acts to prove it? The love of our fellow-creatures should not be a vague love, but we must show it in our actions, in results. Can intentions avail aught without deeds? will words alone demonstrate friendship? the offers of service be enough without performance? Of what use is mere pity to the suffering poor, the sick, the forsaken, the unfortunate?

Mais direz-vous: mon cœur n’est jamais resté insensible devant les souffrances; mes actes n’ont pas été empreints de dureté pour le pauvre; ma main ne l’a jamais repoussé; je ne nourris pas d’envie ni de haine contre mon prochain. Mais, est-ce tout que de plaindre le malheur? est-ce tout que de jeter le denier de charité au pauvre? est-ce tout que de ne jamais envier ni haïr le prochain? L’amour du prochain doit être une vertu active, il faut gémir avec ceux qui gémissent, pleurer avec ceux qui sont affligés; il faut non-seulement aider le pauvre de sa bourse, mais de ses conseils, de ses encouragements; il faut le guider dans son inexpérience, le relever à ses propres yeux par un bon accueil. Il faut que l’aumône que vous faites ne soit pas donnée au premier venu, et comme pour vous dérober la vue de la misère; mais c’est votre devoir d’en régler l’emploi, afin qu’elle tombe entre les mains des plus dignes; il faut, selon votre fortune et selon vos moyens, faire la part des œuvres de bienfaisance, les soutenir non-seulement de vos dons, mais de votre coopération, de votre zèle.

Perhaps I may say, My heart is not unmoved at the sight of misery, my conduct is not hard to the poor. But is it enough to pity misfortune, to bestow alms on the poor, or to be free from hate and envy of those above us? No; the love of our kind should be an active virtue. We should console the afflicted, help the needy, not only with our means, but also with our counsels, encourage and guide them in their inexperience, and raise them in their own estimation by our conduct towards them. We must not bestow alms on the first comer, to spare ourselves the sight of misery; but it is our duty so to regulate our charity, that the distressed may be relieved, and their suffering alleviated. We must perform our part in deeds of public benevolence according to our means, and support public institutions not only with our gifts, but also with our zealous co-operation.

Professons donc une charité active qui se montre par les effets et non par les paroles, par les actions et non par les offres, par les services et les sacrifices, et non pas seulement par les bonnes intentions!

Let us, then, practise active charity, which is shown in works, and not in words; in actions, and not in offers; in services and sacrifices, and not in good intentions merely.

PRIÈRE.

Je veux, ô mon Dieu, rejeter loin de moi l’indifférence et l’égoïsme; je veux vivre pour pratiquer l’amour du prochain, selon tes divins commandements; je veux l’aimer comme moi-même, supporter ses défauts avec douceur, compatir à ses misères corporelles et morales, lui procurer, selon mon pouvoir, toutes les choses dont il a besoin pour le corps et pour l’âme; car je sais, ô mon Dieu, qu’agir ainsi, c’est rendre le pins glorieux hommage à ta Sain-teté et à ta religion. Amen.


Prayer.

I will strive, O God! to subdue all selfishness and indifference to the lot of others, to perform deeds of love towards my fellow-creatures, and, according to Thy divine command, to love them, inasmuch as they are, like myself, created in Thy image. I will bear their misconduct with gentleness, sympathize with their moral and physical infirmities, and supply their wants according to my means; for I know, O God! that to act in this manner is rendering the most acceptable homage to Thy holiness and to the blessed faith which Thou hast given us. Amen.


PSAUME 82, D’ASSAPH. — POUR LE MARDI. אלהים נצב

Le psalmiste annonce que le Seigneur jugera les puissants et les riches de la terre qui abuseront de leur force pour opprimer les faibles et les malheureux.

Le Seigneur se tient dans l’assemblée des grands;
Il juge au milieu des puissants de la terre.
Jusqu’à quand rendrez-vous des arrêts iniques?
Jusqu’à quand favoriserez-vous les méchants?
Faites donc justice au pauvre et à l’orphelin;
Réhabilitez l’innocent et l’indigent.
Délivrez le malheureux et l’opprimé,
Délivrez-les des mains des méchants.
Ne voulez-vous donc rien savoir et rien apprendre?
Toujours marcher dans les ténèbres,
Jusqu’à ce que la terre s’ébranle?
A la vérité, j’avais dit: Yous êtes des dieux,
Vous êtes tous les fils du Très-Haut;
Mais vous mourrez comme des hommes;
Vous tomberez comme sont tombés
De plus puissants que vous.
Lève-toi, Seigneur, juge toi-méme la terre,
Car toutes les nations t’appartiennent!


Read Psalm 82.

To the best of my ability, this is a faithful transcription of a teḥinah (supplicatory prayer) composed in parallel to the Shir Shel Yom (Psalm of the Day) for Tuesday, following in the paraliturgical tradition of Yiddish tkhines, albeit written in French. (This particular paraliturgical prayer may be original or it may be based on an earlier work in German or Yiddish. Please contact us or comment below if you can identify it.) The prayer was included by Rabbi Arnaud Aron and Jonas Ennery in their opus, אמרי לב Prières d’un Coeur Israelite published in 1848 by the Société Consistoriale de Bons Livres. In 1855, an abridged English translation of Prières d’un Coeur Israelite was authorized by Nathan Marcus Adler, chief rabbi of the British Empire and published as Prayers and Meditations, translated by Hester Rothschild. In 1863, Isaac Leeser published his own translation. This is the first time that Leeser’s translation and its source have been set next to each other. Commenting on Rothschild’s translation, Leeser wrote:

As the work is not a literal translation from the French, and is in many instances greatly abridged, for reasons by which the translator is perfectly justified, the editor of the American edition has farther revised it, and at times re-written entire passages, that the book may be more in accordance with the principles of prayer as laid down above; though he is free to acknowledge that it has not lost altogether the character of a translation, to avoid which it would have been necessary to recast the whole, and has, besides, some other defects inherent in all human productions. But, as he was bound not to deviate too far from the original, and thus give the public a different book from what its title professes, he had to limit himself to correcting, and has added nothing to what was not before him.

In preparing אמרי לב Prières d’un Coeur Israelite, Rabbi Aron and Jonas Ennery were inspired by the writings of directly inspired by tkhines (Yiddish vernacular prayers) as well as by contemporary liturgists in Germany. Rabbi Aron writes:

The concept of such a book does not necessitate a new genre among us; the printed supplications (תחנות) appended at the end of old editions of our siddurim sufficiently prove the opposite. However, all these prayers – faithful expressions of pious sentiments of our ancestors – are written in Yiddish[1]Arnaud Aron here uses the term, allemand corrompu, “corrupt German.” for which no translation exists in our language. They are also composed in a spirit and a form incompatible in style with the needs of our age [….] A great number of prayers in our collection are original, others are copies from our sacred texts or translated rituals from the Maḥzor, without, however, tying us slavishly to the literal text whenever the genius of our language required a different form. Finally, more than once, we drew from excellent religious books published in Germany, notably by (Meïr) Letteris, Jacobsohn, Rosenfield, etc.; their works have given us the subject and occasionally the text from other works. May these wise co-religionists please receive in public recognition our gratitude. [translation from the French by Aharon Varady]

Many thanks to French Wikisource contributors for helping to proofread my transcription.

The association of particular psalms sung by Levites in the Temple for each day of the week is first attested in Mishnah Tamid 4.7

Sources

Download Paraliturgical-Psalm-for-Tuesday-from-Imrei-Lev-Meditations-and-Prayers-Jonas-Ennery-1848.pdf (PDF, 145KB)

Download Paraliturgical-Psalm-for-Tuesday-from-Imrei-Lev-Meditations-and-Prayers-1848-Jonas-Ennery-trans.-Isaac-Leeser-1863.pdf (PDF, 160KB)

Notes   [ + ]

  1. Arnaud Aron here uses the term, allemand corrompu, “corrupt German.”

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