Méditation Pour le Mercedi by R’ Arnaud Aron and Jonas Ennery (1848), translated to English by Isaac Leeser (1863)

Source (French) Translation (English)

MÉDITATION POUR LE MERCREDI.
DU RESPECT HUMAIN OU DE LA FAUSSE HONTE DANS LA PRATIQUE DE LA RELIGION.

Meditation for Wednesday (Fourth Day) — On False Shame in Matters of Religion

«Le Seigneur est avec moi, qu’ai-je à craindre; que peuvent me faire les hommes?» (Ps. 118, 6.)

“The Lord is for me; I will not fear; what can a man do unto me” (Ps. 118:6)

Nous sommes israélites, en cette qualité nous devons rendre témoignage à notre Dieu. La Sainte-Écriture nous en fait une obligation indispensable. Malheur à nous, si nous rougissons jamais de notre foi, si nous renions notre Dieu. Il reniera quiconque l’aura renié; «Ils m’ont re-nié pour ce qui n’est pas Dieu, ils m’ont irrité par leurs idoles, et moi je les renierai pour mon peuple» (Deut. 32, 21).

As Israelites we must sanctify the name of our God, and Holy Writ teaches that it is a solemn duty incumbent on us all. Woe to those who, ashamed of their faith, deny their God; for whosoever rejects the Lord will be rejected by Him.

Et d’où viendrait cette indigne faiblesse? — Nous servons le Maître de l’univers et nous ne nous en ferions pas un titre de gloire! Les hommes s’honorent de servir les princes de la terre, n’est-il pas mille fois plus honorable de servir le Roi des rois? Et nous n’apprécierions pas cette éminente qualité, et, au lieu de nous enorgueillir, nous ne songerions qu’à la dissimuler; nous n’oserions pas nous déclarer pour notre Dieu! N’y a-t-il pas dans cette honteuse faiblesse un outrage à la majesté souveraine! N’est-ce pas un indice d’une bassesse de l’âme qui la fait agir contre le témoignage de sa conscience!

Why should such scandalous cowardice exist? Should we not rather glory in serving the Lord of all? Men think themselves honoured in serving the princes of the earth; but how much more glorious is it to serve the King of kings! Let us rejoice in our sacred mission, and confess before all men the Eternal our God, while to deny Him even in appearances merely is an outrage of His sovereign Majesty, indicative of an abject and debased mind.

Oui, c’est une crainte honteuse qui empêche de pratiquer le bien et qui fait commettre le mal; c’est une dépendance servile qui fait ramper devant le monde, dans le désir de se concilier son estime ou dans la crainte de s’attirer son dédain. On a peur de se singulariser, on craint les railleries; on a bien une certaine envie d’être israélite, mais on ne se sent pas la force de se conduire autrement que les autres.

None but the meanest characters are ashamed of being ridiculed for being pious, and they evince a servile dependence on the opinions of the worst of men. He who dreads the raillery of the wicked proves himself wanting in strength of mind for the pursuit of the good.

Pour satisfaire ses goûts, ses intérêts, ses plaisirs et ses vices, on est bien au-dessus de toutes les censures; on prétend être à soi-même son unique règle. Et cependant est-il un joug plus ignominieux, plus honteux que d’approuver le bien et de n’oser le faire, de voir ses obligations et de n’oser les remplir? Y a-t-il quelque chose de plus servile, de plus humiliant que de se faire l’èsclave de l’opinion jusqu’à n’être plus soi-même; de n’oser paraître ce que l’on est, ou de vouloir paraître ce que l’on n’est pas, et même d’avoir honte du bien que l’on fait? Ne semble-t-il pas que c’est à ces tristes israélites que s’adresse le prophète, lorsqu’avec une mordante ironie il parle de ces idoles «qui ont une bouche et qui ne parlent pas, qui ont des yeux et ne voient pas, des oreilles qui ne peuvent entendre?» (Ps. 115.)

There are many indifferent to the judgment of others when their tastes, interests, and pleasures are concerned, who yet find it hard, when surrounded by scoffers, to approve of the good and practise it, or to acknowledge the obligations of religion, and fulfil them. But can any thing be more humiliating and servile than to appear what one is not, and not to dare to seem what one is? Cannot those words of bitter irony, with which the Psalmist speaks of idols, be applied to such minds? —“Mouths have they, but speak not; ears have they, but hear not.” (Ps. 115:5-6)

Image bien véritable, portrait bien dégradant de ces malheureux retenus par la fausse honte! Ils ont des oreilles et ils ne veulent pas entendre, ils ont une langue et ils n’osent parler que pour approuver ce qui est contraire à leur opinion; ils ont des yeux et ne voient ni l’indignité de leur conduite, ni la servilité de leurs sentiments.

These words convey a true though humiliating picture of those pitiful characters whom false shame enslaves. They have ears, but will not hear; they have tongues, but will not speak, except to approve of that which is approved of by those around them; they have eyes, yet do not see the meanness and servility of their own conduct.

Ah! si l’on avait cette dignité d’âme, cette noblesse de sentiment que donne la religion et qui honore l’homme à ses propres yeux en lui attirant l’estime de tous, tomberait-on dans ces excès de faiblesse et d’avilissement!

Did they possess the dignity of character and nobility of sentiment which true religion bestows, which raise man in his own esteem, they could not fall into such a state of debasement and error.

Eh quoi! Israélites, vous les fils aînés de la religion, les dépositaires préférés de la révélation, placés si haut par la main de Dieu, vous descenderiez de ce rang supérieur, vous profaneriez cette auguste qualité! Au lieu de vous armer de courage et de vous déclarer hautement pour le Seigneur, vous le trahiriez, vous le désavoueriez, vous renonceriez à son service pour ramper devant les idoles du monde!

And can you, Israelites! the first-born of religion, chosen as the promulgators of the divine revelation, raised so high by the hand of God, descend from your glorious rank to profane and deny it? Instead of proudly confessing your belief openly, as befits the nation of priests, will you betray, renounce your God, to crouch before the idols of the world?

Hélas! ce n’est pas tout encore. La fausse honte en matière de religion conduit à l’infidélité dans la foi. Par une indigne complaisance, on aime mieux encourir la disgrâce de Dieu que de s’exposer aux discours des hommes. Et parce que l’impiété s’est multipliée et parce que l’erreur est entourée de splendeur, on sacrifie sa raison, on déserte la vérité, et pour comble d’opprobre quelques malheureux se jettent dans l’apostasie! Aussi la fausse honte en matière de religion est-elle devenue une véritable persécution, plus funeste que ne le fut jamais celle des tyrans des temps passés. Ceux-ci ne s’en prenaient du moins qu’au corps, ils ne pouvaient faire que des martyrs. Le respect humain gangrène les âmes et fait des rénégats.

And even this is not all. False shame in matters of religion leads to infidelity; and then reason is sacrificed, and truth deserted, for the vulgar pomp and worldly advantages of error and apostasy. Thus does false shame in religion become more fatal than were the persecutions of the tyrants of past times, who only tormented the body, while the former corrupts and degrades the soul.

Mais ces âmes lâches que le ciel réprouve, quelle idée le monde en a-t-il? Effet visible de la justice de Dieu qui permet que ces hommes, livrés au respect humain, se dégradent devant ceux-là mêmes dont ils cherchent à attirer l’estime, et qu’en trafiquant de leur religion, ils manquent leur but dans ce monde en attendant les représailles de l’autre!

But, after all, the world really holds such characters in the lowest estimation. They are degraded in the eyes of the very individuals whom they wish to please, and thus fail utterly in their unworthy object.

Rompons, enfin, avec un pareil esclavage, secouons le joug de l’opinion; celui de Dieu est bien plus doux et plus léger. Conservons notre dignité et la liberté de notre conscience, demeurons fermes dans la profession de la foi; n’effacons pas le signe sacré qui brille sur notre front pour y imprimer le sceau de la servilité; ne souffrons pas que les hommes puissent se prévaloir de notre défaite. Que sont et que peuvent les hommes pour nous? Quand un jour nous serons devant Dieu, les hommes viendront-ils nous protéger contre les rigueurs inexorables de sa justice? Rompons nos chaînés, selon l’exhortation du prophète (Isaie 58,6), et rendons librement témoignage à la vérité. Nos pères l’ont rendu aux dépens de leur bonheur terrestre, les martyrs l’ont scellé de leur sang; et nous, nous ne saurions braver une raillerie, affronter un sarcasme, quand il s’agit de Dieu!

Let us therefore free ourselves from such a bondage, and throw off the yoke which the opinion of others imposes on us. Let us maintain our dignity and liberty of conscience, and remain firm in faith and in our devotion to God’s law. What can man do for or against us? When, one day, we shall appear before God, can man shield us from His justice? Let us, then, burst the chains which bind us to worldliness and pleasure, and bear a free and full testimony to the truth. Our fathers did so at the expense of their earthly happiness, our martyrs sealed it with their blood, and we ourselves can readily bear up against sarcasm and ridicule, when it is in the cause of duty and of God.

PRIÈRE.

Mon Dieu, quoique je méprise la fausse honte dans la pratique de la religion, j’ai eu plus d’une fois le malheur de m’y laisser entrainer, et pour ne pas déplaire aux hommes, je t’ai bien souvent déplu. Que de fois n’ai-je pas dissimulé la vérité que j’admettais, fait le mal que je détestais, affecté de paraître ce que je n’étais pas, ou craint de passer pour ce que j’étais. J’ai bien osé paraître impie, mais j’ai rougi de paraître israélite. Au lieu de confesser ma religion, je l’ai sacrifiée aux sentiments, aux idées, souvent même aux caprices des préjugés mondains. Mais je veux secouer ce joug indigne; je veux hautement, ô mon Dieu, me déclarer pour toi; me faire gloire de ton service, rendre honneur à ta sainte loi, professer ouvertement la foi d’Israël, et la pratiquer aux yeux de tous, «Il vaut mieux se confier dans le Seigneur que de compter sur les hommes» (Ps. 118, 8). Que les hommes légers me raillent, que les impies me désapprouvent, que m’importe, pourvu que je sois à toi, ô mon Seigneur! Pourvu qu’au jour de la mort je sois reçu au milieu des patriarches dans tes demeures bienheureuses et éternelles. Amen.


RESOLUTION.

Although I despise false shame in religion, I have nevertheless not rarely been misled by it, and have merited Thy displeasure, for fear of incurring man’s raillery, often denying what I felt to be true, and performing the evil which I condemned in my heart. I affected to be what I was not, and have frequently failed in the performance of my religious duties, sacrificing them to the whims and prejudices of those around me. But I will throw off this despicable yoke. I will publicly confess Thee my God, and glory in Thy service, and in the fulfilment of Thy holy law; “for it is better to seek shelter with the Lord than to put trust in man.” (Ps. 118:8) Let scoffers laugh, and the impious disapprove; but for myself, “I will not fear; what can man do unto me?” I will serve Thee, O Lord! with all my soul, and at my death strive to merit Thy approval, so that I may be received in Thy abode of eternal bliss! Amen.


PSAUME 51, DE DAVID. — POUR LE MERCREDI.

חנני אלהים

Repentir et humiliation du pécheur qui demande que le Seigneur lui rende la pureté. — Quand le pécheur connaîtra la clémence de Dieu, il reviendra plus facilement. Dieu ne demande point de sacrifices, mais un cœur contrit et repentant.

Seigneur, aie pitié de moi selon ta miséricorde;
Par l’excès de ta bonté, efface mes crimes.
Lave-moi de toutes mes fautes,
Purifie-moi de mes souillures.
Je reconnais que j’ai péché,
Et mon iniquité est sans cesse devant moi.
Si j’avais péché contre toi seul,
Si je n’avais eu que toi pour témoin,
Tu pourrais m’absoudre par tes paroles,
Et faire éclater ton jugement en moi!
Hélas! j’ai été conçu dans le péché,
Et enveloppé d’iniquité dès ma naissance.
Mais tu demandes la sincérité
Dans les choses les plus cachées,
Et la pureté dans le secret.
Oh! purifie-moi avec l’hysope, efface mes péchés,
Que je redevienne blanc comme la neige.
Fais-moi connaître encore les joies de l’innocence,
Et mes membres reprendront leur force.
Détourne tes yeux de mon iniquité,
Et pardonne mes actes pervers.
Rends la pureté à mon cœur, ô Seigneur,
Et renouvelle en moi l’esprît de droiture.
Ne me rejette pas de ta présence;
Que ton esprit saint ne m’abandonne pas.
Rends-moi la joie, gage de ton secours;
Que la puissance de ton esprit me protège.
Alors j’apprendrai tes voies au pécheur,
Et les impies reviendront à toi.
Préserve-moi de sanglants forfaits,
Et ma langue publiera tes miséricordes.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
Et ma bouche proclamera ta gloire.
Les sacrifices, tu n’en désires pas;
Des holocaustes, tu les dédaignes.
Les sacrifices que tu aimes,
C’est un esprit contrit;
Un cœur brisé, Seigneur, tu ne le dédaignes pas.


Read Psalm 94.[1]Note that while Leeser provides the traditional Psalm for the Day, Ennery & Arnaud indicate Psalm 51 without explanation.

To the best of my ability, this is a faithful transcription of a teḥinah (supplicatory prayer) composed in parallel to the Shir Shel Yom (Psalm of the Day) for Wednesday, following in the paraliturgical tradition of Yiddish tkhines, albeit written in French. (This particular paraliturgical prayer may be original or it may be based on an earlier work in German or Yiddish. Please contact us or comment below if you can identify it.) The prayer was included by Rabbi Arnaud Aron and Jonas Ennery in their opus, אמרי לב Prières d’un Coeur Israelite published in 1848 by the Société Consistoriale de Bons Livres. In 1855, an abridged English translation of Prières d’un Coeur Israelite was authorized by Nathan Marcus Adler, chief rabbi of the British Empire and published as Prayers and Meditations, translated by Hester Rothschild. In 1863, Isaac Leeser published his own translation. This is the first time that Leeser’s translation and its source have been set next to each other. Commenting on Rothschild’s translation, Leeser wrote:

As the work is not a literal translation from the French, and is in many instances greatly abridged, for reasons by which the translator is perfectly justified, the editor of the American edition has farther revised it, and at times re-written entire passages, that the book may be more in accordance with the principles of prayer as laid down above; though he is free to acknowledge that it has not lost altogether the character of a translation, to avoid which it would have been necessary to recast the whole, and has, besides, some other defects inherent in all human productions. But, as he was bound not to deviate too far from the original, and thus give the public a different book from what its title professes, he had to limit himself to correcting, and has added nothing to what was not before him.

In preparing אמרי לב Prières d’un Coeur Israelite, Rabbi Aron and Jonas Ennery were inspired by the writings of directly inspired by tkhines (Yiddish vernacular prayers) as well as by contemporary liturgists in Germany. Rabbi Aron writes:

The concept of such a book does not necessitate a new genre among us; the printed supplications (תחנות) appended at the end of old editions of our siddurim sufficiently prove the opposite. However, all these prayers – faithful expressions of pious sentiments of our ancestors – are written in Yiddish[2]Arnaud Aron here uses the term, allemand corrompu, “corrupt German.” for which no translation exists in our language. They are also composed in a spirit and a form incompatible in style with the needs of our age [….] A great number of prayers in our collection are original, others are copies from our sacred texts or translated rituals from the Maḥzor, without, however, tying us slavishly to the literal text whenever the genius of our language required a different form. Finally, more than once, we drew from excellent religious books published in Germany, notably by (Meïr) Letteris, Jacobsohn, Rosenfield, etc.; their works have given us the subject and occasionally the text from other works. May these wise co-religionists please receive in public recognition our gratitude. [translation from the French by Aharon Varady]

Many thanks to French Wikisource contributors for helping to proofread my transcription.

The association of particular psalms sung by Levites in the Temple for each day of the week is first attested in Mishnah Tamid 4.7

Sources

Download Paraliturgical-Psalm-for-Wednesday-from-Imrei-Lev-Meditations-and-Prayers-Jonas-Ennery-1848.pdf (PDF, 160KB)

Download Paraliturgical-Psalm-for-Wednesday-from-Imrei-Lev-Meditations-and-Prayers-1848-Jonas-Ennery-trans.-Isaac-Leeser-1863.pdf (PDF, 156KB)

Notes   [ + ]

  1. Note that while Leeser provides the traditional Psalm for the Day, Ennery & Arnaud indicate Psalm 51 without explanation.
  2. Arnaud Aron here uses the term, allemand corrompu, “corrupt German.”

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